Le modèle nu, 1913
Crayon sur papier marouflé sur papier
31,5 x 26,5 cm
Signé, localisé et daté en bas à droite Paris 13
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Œuvres similaires dans la catégorie "Nu"
Le modèle nu
Artiste : Boris Grigoriev
Technique : Crayon sur papier marouflé sur papier
Dimensions : 31,5 x 26,5
Date de création :
Catégorie : Nu
Un nu expressionniste qui transperce l'âme par la violence de sa vérité et la puissance de son trait. « Le modèle nu » 1929. Boris Dmitrievitch Grigoriev, alors artiste établi mais profondément marqué par les bouleversements de la révolution russe et son exil, observe le monde avec un regard acéré, oscillant entre fascination pour la vitalité humaine et une mélancolie existentielle, cherchant à capturer l'essence brute de ses modèles au-delà de l'apparence. On voit un modèle féminin assis de trois quarts sur un tabouret bas, le dos légèrement voûté, le regard fixe et lointain dirigé vers le spectateur. Son corps nu, aux formes pleines et sculpturales, est baigné d'une lumière crue venant de la gauche, créant des contrastes violents entre les zones éclairées et les ombres profondes. Elle tient un tissu sombre, peut-être une robe ou un châle, négligemment posé sur ses genoux, ne couvrant qu'une partie de ses cuisses. Le fond est dépouillé, neutre et sombre, concentrant toute l'attention sur la figure. Le visage, aux traits accentués, exprime une lassitude intense et une profonde introspection. La touche est vigoureuse et visible, presque sculpturale, modelant les volumes du corps par des empâtements et des stries incisives dans la peinture, particulièrement évidents sur les épaules, les seins et les cuisses. Le contraste chromatique est saisissant : la chair, aux tons de terre et d'ocre rosé, vibre violemment contre les ombres bleutées et le tissu d'un noir profond, ainsi que contre le fond brun-vert sourd. Le traitement du visage est particulièrement expressif, avec des yeux creux et un regard pénétrant qui semble défier ou interroger l'observateur. L'œuvre dépasse la simple représentation d'un nu académique pour devenir une méditation sur la condition humaine. Le modèle nu, dans sa posture fatiguée et son regard absent, incarne une vulnérabilité universelle et une forme de résignation mélancolique. Le tissu sombre, jeté comme un linceul ou un voile, ajoute une dimension symbolique de pudeur relative, de protection fragile, ou peut-être d'un fardeau. C'est une étude de l'être dans sa nudité physique et psychologique, confronté au regard du monde. Grigoriev utilise ici un style expressionniste puissant, marqué par la distorsion expressive des formes pour transmettre une émotion psychologique intense. On y décèle également l'influence de la Nouvelle Objectivité allemande (Neue Sachlichkeit) par son réalisme cru et son attention sans fard portée au sujet, ainsi qu'une réminiscence de la force plastique cézannienne dans la construction des volumes. C'est une synthèse personnelle où le dessin incisif structure une peinture charnelle et émotionnelle. Une atmosphère de lourde mélancolie, de tension silencieuse et d'introspection se dégage de la toile. La lumière crue accentue le sentiment d'exposition et de vulnérabilité, tandis que le regard fixe du modèle crée une confrontation directe et inconfortable avec le spectateur. C'est une ambiance à la fois intime, par la nudité et la posture recueillie, et profondément théâtrale par l'éclairage dramatique et l'intensité du rendu. Grigoriev cherche à révéler l'âme de son modèle au-delà de l'enveloppe corporelle, à capter une vérité humaine brute et sans concession. Il explore la complexité psychologique et la dignité dans la fragilité, utilisant le nu comme véhicule d'une émotion universelle. Son intention est de provoquer une réaction émotionnelle forte chez le spectateur, de l'interroger sur la condition humaine, la solitude et la résilience face à l'adversité, reflet peut-être de ses propres sentiments d'exilé. Dans ce corps offert et ce regard qui défie, Grigoriev grave l'éternel combat entre la chair éphémère et l'esprit indomptable. F.A.Q. : Qui est la modèle représentée dans « Le modèle nu » de Grigoriev ? L'identité précise de la modèle n'est généralement pas documentée. Grigoriev peignait souvent des anonymes ou des personnes de son entourage, cherchant moins un portrait individuel qu'une figure universelle incarnant une condition humaine. Quelle technique artistique Boris Grigoriev utilise-t-il dans cette œuvre ? Grigoriev emploie la peinture à l'huile avec une technique vigoureuse caractérisée par des empâtements prononcés, un dessin incisif sculptant la forme, et un contraste chromatique intense entre les chairs lumineuses (ocres, roses terreux) et les ombres ou fonds sombres (noirs, bleus, bruns). « Le modèle nu » est-il représentatif du style de Boris Grigoriev ? Oui, cette œuvre est emblématique de la maturité de Grigoriev. Elle synthétise son expressionnisme puissant, son dessin acéré, son intérêt pour la figure humaine et son réalisme psychologique cru, caractéristiques majeures de sa production, notamment après son départ de Russie. Quel est le contexte historique de la création de cette œuvre en 1929 ? Peinte durant l'exil de Grigoriev (il quitte définitivement la Russie en 1919), l'œuvre reflète l'ambiance des années 1920, marquée par les traumatismes post-Première Guerre mondiale et post-révolution russe. Son regard sur l'humain est teinté de cette expérience du déracinement et de l'observation d'un monde en mutation. Où peut-on voir « Le modèle nu » de Boris Grigoriev aujourd'hui ? L'œuvre fait partie de collections privées et est parfois prêtée pour des expositions temporaires consacrées à l'École de Paris, à l'art russe de l'émigration ou à l'Expressionnisme. Sa localisation exacte n'est pas toujours publique, mais elle est régulièrement reproduite et étudiée.
Provenance : Collection Galerie Marek & Sons, 12 rue de la Grange Batelière, 75009 Paris. Expertise depuis 1994.
Manifest IIIF : Consulter le manifest IIIF
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